D'origine argentine, son vrai prénom est Onora Dafor, elle vit une tumultueuse enfance, placée dans de nombreux foyers dont elle fuguera à plusieurs reprises. Cette expérience est évoquée dans la chanson Je me Barre. On retrouve aussi son besoin de défendre et crier la liberté avec le titre Ils ont peur de la liberté .
Keny Arkana commence à rapper ses premiers textes dès l'âge de 13 ans. En 1996 elle commence à se produire devant ses camarades de foyer. Sa fraîcheur et son flow rugueux vont rapidement l'amener à faire de la scène. Elle se fait connaître dans l'underground, à la Friche de la Belle de Mai. Deux collectifs auxquels elle appartiendra successivement se forment : Mars Patrie et Etat-Major.
En solo depuis 2003, et après quelques apparitions sur divers projets, Keny Arkana sort son premier maxi vinyle, Le Missile est Lancé. Début décembre 2004, elle apparaît sur la compilation Om All Stars, aux cotés d'artistes confirmés et groupes marseillais tels que IAM ou Psy 4 de la rime. Elle y interprète Les Murs de ma ville, où elle rend un vibrant hommage à sa ville natale. Elle fonde par ailleurs avec son manager LTK sa propre structure de production nommée La Callita.
Son premier gros projet réalisé en solo est une street-tape CD intitulée L'Esquisse, qui contient des titres tels que Le missile est lancé qui font d'elle une des valeurs montantes du rap féminin. Celle qui se définit comme « une anonyme dans la masse » et se refuse à faire parler d'elle autrement que dans son message et sa musique, retranscrit, à travers ses écrits, son mal de vivre, et aussi sa vision du monde (la rabia del pueblo (la rage du peuple)), ce qui lui vaudra d'être assimilée aux mouvances altermondialiste, anticapitaliste, révolutionnaire du rap français.
Après de nombreux titres et apparitions sur des morceaux de différents rappeurs français (Soprano, Kayna Samet, Alonzo, ...), Keny peaufine l'écriture de son premier album. Cela lui prend plus de temps que prévu, et l'album ne sortira qu'en octobre 2006, avec un an de retard, sous le titre de Entre Ciment Et Belle Étoile, chez Because Music. Cet album retrace ses nombreux combats, notamment celui contre la globalisation capitaliste et contre l'oppression de l'état et du racisme institutionnel, mais aussi les moments difficiles de son enfance, dans Eh connard où elle s'en prend à un éducateur qui considérait qu'elle n'avait pas d'avenir. Elle rend aussi un hommage à son pays d'origine avec le titre Victoria et distille des touches d'espoir et de conscience. Luttant contre l'inertie d'un système déshumanisant, plus que jamais elle nous invite à ne pas perdre de vue que la vie est mouvement. Elle privilégie le militantisme, se définissant comme citoyenne avant d'être artiste.